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  • Type : bandol
  • Localisation : Bandol
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Nous sommes en 1554, sous le règne du bon roi Henri IV
Ce roi protestant s’était converti au catholicisme l’année précédente, afin de diviser le clan catholique. Ralliant ainsi à lui les plus modérés des catholiques, il les séparait des fanatiques sanguinaires et intrigants groupés dans la Sainte Ligue. C’était le prix à payer pour avoir les moyens de mettre fin aux épouvantables guerres de religion qui ravageaient la France depuis des dizaines d’années.

A présent Henri IV doit achever d’anéantir les ligueurs, renvoyer chez eux les Espagnols appelés en renfort par les catholiques extrémistes ... et continuer de protéger le littoral méditerranéen contre les incursions séculaires des pirates venus des côtes d’Afrique du Nord et du Proche Orient.

Henri IV confie à un catholique, le duc d’Epernon, le soin de nettoyer la Provence des troupes de la Sainte Ligue, et de mieux protéger le littoral des débarquements Espagnols et Barbaresques.

Le duc charge le capitaine Antoine Boyer, de construire sur le promontoire dit ’’La Motte’’ un fort destiné à défendre la plage et la rade de Bandol.

Antoine Boyer y construit son château en 1610. A cette époque Bandol (appelée Bendort, après avoir été appelée Bandolium et Bendorium, noms d’origine obscure) n’est qu’un abri portuaire de passage, avec quelques cabanes de pêcheurs.
Pendant plus d’un siècle et demi, la famille Boyer transforme progressivement l’abri en vrai port, agrandi ultérieurement par la commune (Bandol qui appartenait à la commune de La Cadière est devenue successivement une commune en 1715 puis une paroisse en 1751).
A la pêche côtière vient s’ajouter un trafic maritime : frêts divers, exportation des vins de Bandol et de l’huile d’olive de l’arrière-pays.

Les Bandolais sont majoritairement pour les ’’nouvelles idées’’. En 1793, avec La Ciotat et d’autres communes révolutionnaires, les Bandolais fournissent un contingent de volontaires très ardents pour aider le général Dugommier et le jeune capitaine Napoléon Bonaparte à reconquérir la grande ville de Toulon, livrée aux Anglais par les royalistes.
Excellent artilleur, Bonaparte ouvre la voie à l’armée de la République et aux volontaires qui avaient juré de reprendre Toulon à l’ennemi ; ces fantassins se lancent à l’assaut en chantant et les troupes adverses reculent sous le choc ; alors le jeune artilleur corse pointe à nouveau ses canons et achève d’écraser les hommes de sa Majesté, leurs alliés espagnols et italiens, ainsi que quelques malheureux royalistes Toulonnais qui tentaient de fuir avec les vaisseaux Anglais.
Cependant, n’ayant pas été trop durement exploités sous l’Ancien Régime, les Bandolais vivent les péripéties de la Révolution beaucoup plus paisiblement que d’autres habitants de Provence et de France. Ce ne sont pas les Bandolais qui, en 1795, démolissent le château de la famille Boyer, mais un chef de la Convention, le redoutable comte (révolutionnaire !) Paul de Barras, seigneur de Fox-Amphoux dans le Var.

Grâce à sa capacité de s’adapter à plusieurs transformations économiques successives. La pêche au thon (représentée par un tableau du peintre Joseph Vernet), pêche qui avait fait la fortune de la famille Boyer, disparaît avec la raréfaction du poisson. Par contre la production et la vente du vin continuent de se développer. En plus des viticulteurs, elle fait vivre 300 tonneliers, et de nombreux équipages de tartanes.

Mais le chemin de fer arrive à Bandol en 1859. En quelques années, il ruine le trafic des tartanes (qui survivront dans d’autres ports, en particulier pour l’importation des oranges d’Espagne)

Avec le train, Bandol cesse définitivement d’être un port d’exportation vinicole. Mais un nouvelle forme d’activité apparaît progressivement, à laquelle les Bandolais s’adaptent : le train amène des touristes et des résidents temporaires ! Au début du XXe siècle, des célébrités descendront du train en gare de Bandol : l’écrivain Allemand Tomas MANN, l’écrivain Anglais Aldous HUXLEY, et une Néo-Zélandaise, Katherine MANSFIELD. Vint aussi l’artiste de music-hall MISTINGUETT, et d’autres dont la gloire s’est effacée.

Mais vers la fin du XIXe siècle, les Bandolais ont dû faire face à un autre bouleversement économique : le phylloxera. Il décimera les vignobles (comme d’ailleurs dans de nombreuses autres régions). Il faut, courageusement, arracher les vignes et planter des cépages résistants. D’un malheur, les vignerons Bandolais feront un bonheur : cette transformation du vignoble est l’occasion d’un bond qualitatif ; déjà renommée depuis des siècles, la production du pays de Bandol fait un pas de plus vers la perfection.

L’histoire récente de Bandol s’achève, 150 ans après le patriotisme républicain de 1793, par le patriotisme républicain que manifestent courageusement le maire et plusieurs conseillers municipaux bandolais à l’encontre de la collaboration avec les nazis, pendant les années noires de la guerre 1939-45. Destitué le maire est déporté, ainsi que d’autres élus.

Au XXe siècle, 3 acteurs de cinéma illustres ont séjourné à Bandol : POUPON Henry, FERNANDEL, et surtout RAIMU qui y possédait une belle villa dominant le golfe, villa bizarrement baptisée Ker Mocotte, le mot Breton Ker rappelant que Mme Raimu était Bretonne, et Mocotte parce que Raimu était un Moco, c’est-à-dire quelqu’un du port de Toulon (selon un argot Toulonnais, aujourd’hui oublié).



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